NT34 La rencontre
Traduction
Clémentine Geraerts. Autrice Josine de Jong,
Actes 9
D’abord, Saul n’y a même
pas fait attention.
Toute cette agitation
avec les suiveurs de Jésus ! C’était à cause de toutes ces épreuves. Hé ben dis
donc, il y en avait des choses à savoir pour devenir maître de la religion. Fallait se bagarrer
avec des dizaines et des dizaines de rouleaux. Puis tu devais surtout poser des
questions. Le petit Saul, maigrichon, avec un regard intense dans un fin
visage, sourit en lui-même. Ah oui, poser des questions, ça il savait bien le
faire. Comment son maître Gamaliel le regardait étonné, quand il posait, de
nouveau, une question intelligente !
Mais, maintenant,
qu’il lui reste beaucoup de temps et qu’il erre dans les rues de Jérusalem, il
doit faire face aux gens de Jésus, ‘les gens de la rue’, comme on les appelait
parfois. Cela l’intriguait et l’énervait en même temps. Ils parlent ensemble au
coin des rues. Ils distribuent de la nourriture aux mendiants, et ils se
réunissent plusieurs fois par semaine pour prier. La ville est remplie de ces
nouvelles. Au marché, on parle des miracles qui se produisent. Saul en est
irrité. Les conducteurs du peuple croyaient que c’était fini tous ces mauvais
enseignements depuis la mort de Jésus. Finalement. Saul décide de retourner dans
les dépendances du temple.
Ainsi, il aura encore un peu de
temps devant lui pour étudier. Mais ce n’est pas possible. Quelque chose
d’étrange se passe.
Se trouver face à un
suiveur fanatique de Jésus, c’est autre chose que d’observer l’affaire de loin. Ils ont capturé Etienne,
un du groupe de Jésus. Appuyé
contre le mur de la salle du Sanhedrin, Saul écoute attentivement.
L’homme, vêtu
pauvrement, est accusé de toutes parts, par quelques Juifs venus d’Alexandrie.
Ils pointent leurs grands doigts vers Etienne.
« Celui-là a dit
aux gens que Jésus reviendra, et qu’Il détruira le temple. Aussi change-t-il la
loi de Moise.’
Saul est fasciné de
voir qu’Etienne se défend à merveille. Il commence son discours par Abraham,
puis parcourt
« Entêtés que vous êtes
! Tous les prophètes l’ont prédit que le Messie viendrait, Puis, quand Il était
là… vous L’avez tué. Vous-mêmes, vous ne
vous en tenez pas à la loi .»
Quand tu as
assisté à la lapidation, tu ne l’oublies plus de toute ta vie. Tu te souviens
exactement comment il est mort, et quels étaient ses derniers mots. Saul en est
témoin. C’est affreux.
« Je vois Jésus
à la droite de Dieu ! » s’écrie Etienne l’air angélique, avant qu’une vulgaire
Saul, qui ne
peut y participer, car il doit surveiller les manteaux, ressent comme un voile
rouge qui glisse sur ses yeux. « C’est du blaspheme! C’est grave. Emporté, cet
homme !»
Après
l’exécution d’Etienne, la réunion dans le Sanhédrin est animée, car il est
temps d’en finir avec ces enseignements mauvais.
Chaque disciple
de Jésus mourra ou sera emprisonné à vie.
Et qui est
chargé de cette mission ? Saul ! Quel
défi !
Rempli de bonne volonté, il
se met à l’œuvre. Même dans la nuit. Il se
charge personnellement de sortir les gens de leur lit.
Il y a des cris
et des pleurs dans les maisons du faubourg. Oui, Saul détruit le groupe de Jésus. Mais il n’est toujours pas
satisfait. Il poursuit même ceux qui s’enfuient vers Damas, avec l’accord du
Grand-Prêtre.
‘Clip-clap,
clip-clap !’ font les sabots des ânes.
C’est un long
voyage vers Damas. Quelques soldats devancent Saul. Il y en a aussi autour de
lui. Saul est content, car d’ici une heure ils seront arrivés. Comment
pourra-t-il traiter cette affaire sur place? Ceux qui suivent Jésus
seraient-ils déjà au courant de sa venue? Il essaie de les imaginer. Des
visages craintifs, des visages d’enfants aussi… Le visage d’Etienne s’impose à lui, et celui de….. JESUS !!
Oh ! Mais qu’arrive-t-il !
Soudain, surgit une lumière, une lumière aveuglante.
Saul met ses
mains devant ses yeux, l’âne s’écroule puis, plouf, le voilà à terre. Le cœur de Saul bat très fort dans sa
poitrine.
« Saul, »
entend-il quelqu’un l’appeler, « Saul, pourquoi Me poursuis-tu ? »
Me ? Me ?...
Qui est Me ? Saul est confus.
« Qui es-tu,
Seigneur ?... »
« JE SUIS JESUS
QUE TU POURSUIS. Mais lève-toi, et retourne en ville. Là, on te dira ce que tu
dois faire. »
La voix est
claire et nette.
Hé ? Est-ce
Jésus ? Cela ne se peut pas ? Il est mort
n’est-ce pas ???
Saul n’arrive
pas à digérer ce qui vient d’arriver. Longtemps, après que la lumière ait
disparu, il se relève, mais il est aveugle.
Etre aveugle, c’est grave.
Mais savoir que tu es responsable de la mort de centaines de personnes, c’est
insupportable. Quel choc !
Brisé, Saul se
retrouve assis dans son hôtel de la rue principale de Damas. Il refuse de se nourrir et de boire.
‘Oh ! Seigneur ! Je suis un
criminel ! Moi qui suivais la loi à la lettre ! Comment pourrai-je paraître un jour
devant ton trône ?’
Trois jours et
trois nuits se passent. Mais, jour ou nuit, quelle importance ? Saul semble
regarder fixement devant lui, sans se nourrir ni s’abreuver. Il n’y comprend
plus rien…..
On frappe à
Saul a tellement
honte qu’il aimerait s’enfoncer dans le sol. Mais Ananias lui dit , aimablement
: ‘Saul, mon frère, Jésus m’envoie vers toi. Il désire t’avoir à Son service. »
Un silence
glacial suit. Les paroles sont comme
suspendues entre les deux hommes.
Alors, Saul
s’effondre : « O Dieu ! y a-t-il un pardon pour moi ? »
Bien sûr que oui
! Deux mains s’imposent sur sa tête. Deux mains de consolation, de pardon. Un
amour immense le parcourt.
Quand Saul ouvre
les yeux, il voit de nouveau. A travers ses larmes. Quel instant puissant !
Et comment se
déroule la suite ?
Saul, le
docteur prometteur des lois, réapprend à vivre. De Jésus, cette fois-ci.