NT 29 - LE CENTENIER A FOI EN JESUS Luc 23

Traduction Clémentine Geraerts. L’autrice Josine de Jong,

 

Dormir la journée n’est pas une chose facile. Alexandre, le centenier romain faisant partie de la huitième légion, est très agité pendant son sommeil. Et il se tourne, et se retourne sur sa couche.

Cette nuit, il était de service et a participé à l’arrestation de Jésus de Nazareth. Il n’a pu s’allonger qu’au petit matin, seulement. Et les évènements de la nuit passée hantent ses rêves.

Il se trouve dans l’arène de Rome. Des milliers de gens tapent des pieds dans les tribunes, tellement ils sont au comble de l’excitation.

Au milieu de l’arène se trouve un gladiateur désarmé, au combat avec un horrible monstre, un dragon.

Alexandre a le sentiment de connaître cet homme. Le dragon attaque, puis, assoiffé de sang, il brise la cheville du héros entre ses mâchoires… Le stade crie son excitation : «  Tuez-le » !

Soudain, Alexandre se souvient. Ce courageux combattant, c’est Rabbi Jésus !!...

Trempé de sueur, il se réveille.

Quel cauchemar ! Jésus est certainement déjà crucifié.

Pas d’amis influents auquel il aurait pu trouver de l’aide. Alexandre se frotte les yeux. Plus question de se rendormir. Il pourrait aussi bien aller assister à la crucifixion.

Il actionne une clochette, afin de donner l’ordre à son esclave personnel d’atteler son cheval.

 

Un étrange silence règne dans les rues de Jérusalem. Ainsi qu’à la porte, où d’habitude les gens se pressent, il n’y a personne.

Mais plus il s’approche de Golgotha, plus la foule est important.

Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister à l’exécution.

Le cheval marche au pas. Alexandre le fait se dresser sur ses pattes avant, de temps en temps ; ça aide. A la vue de sa superbe cape blanche et de son casque orné de plumes, les gens se poussent rapidement.

Sur Golgotha, se trouvent trois croix. Rabbi Jésus est sur celle du milieu.

Pour sécuriser le lieu, les soldats sont postés pour former une barricade. Auprès d’un de ses collègues, Alexandre s’informe du déroulement de l’affaire. Il n’y a pas de problème. Tout va comme sur des roulettes.

Dans la foule, des propos désagréables se font entendre à l’égard de Rabbi Jésus.

Alexandre, qui n’arrive pas à oublier son cauchemar, lève les yeux vers Lui. L’homme souffre, affreusement. Leurs regards se croisent. Pourquoi le cœur d’Alexandre se met-il à battre plus fort ?

Vieillirait-il ? Ne peut-il plus supporter la souffrance ? Pourtant, il en a vu des gens vivre leur dernier combat dans l’arène.

Mourir dignement. Cela leur était enseigné depuis leur enfance…

Alexandre détourne son regard. Pfft ! Quelle chaleur, au milieu de la journée ??

Comme c’est étrange ! La lumière devient rouge, pour ainsi dire. C’est le soleil ! Il lui manque un morceau !... Puis, on dirait que ce bout s’agrandit. Qu’est-ce que cela signifie ? Serait-ce la fin du monde ?

De frayeur, les spectateurs se mettent à crier, puis, dans la panique, rentrent chez eux.

Les soldats, aussi, sont anxieux.

D’un geste, Alexandre les rassure.

Avec une lenteur glaciale, une ombre couvre le soleil, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une auréole.

A ce même moment, le plus sombre, vers trois heures, environ, on peut entendre une lamentation, surgie de la croix du milieu. «  Eli, Eli, lama sabachtani ? » (Dieu, Dieu, pourquoi Tu m’abandonne ?)

Un frisson parcourt le dos des soldats. C’est tellement, mais tellement triste.

Un Pharisien qui est resté là, essaye d’attirer l’attention des moqueurs en disant : » Entends-Le, Il appelle Elie ».

Quelqu’un plonge une éponge dans du vin aigre, puis la tend à Jésus, à l’aide d’une tige de bambou.

Veut-Il en prendre ? Ecoute, pour la dernière fois, Il dit : « Père !! ».

Le son de sa voix résonne contre les murs de Jérusalem.

« Père…dans Tes mains… Je remets mon esprit ! ».

Son corps est secoué. Sa tête s’incline sur sa poitrine. Jésus est mort.

Au même instant,… une vague secoue le terre, comme si celle-ci était devenue une mer.

Tout est soulevé, secoué, et rejeté à terre. Les entrailles de la terre bouillonnent, comme si elle voulait cracher cet homme.

 

Le souffle coupé, Alexandre assiste à la scène. Il laisse libre cours à ces émotions. Aucun homme ne meurt ainsi.

« Par Jupiter,’ s’écrie-t-il, ‘cet homme était vraiment le Fils de Dieu » !

Puis tous ces hommes, ainsi que celui qui l’a relayé après sa garde, sont d’accord avec Alexandre, qui est complètement déboussolé. Il en a des nausées. Il a participé à la mort de Dieu ?

Comme anesthésié, il exécute son travail pour le reste de la journée, alors que le soleil réapparait peu à peu.

 

Deux jours se sont écoulés. Aujourd’hui est un jour important pour Alexandre le centenier : Il quitte sa légion. Pendant vingt longues années, il a servi l’empereur. Maintenant, à lui richesse et gloire.

Si seulement la malédiction de la mort de Jésus n’était pas sur se vie, Alexandre serait vraiment heureux…

Une dernière fois, seulement accompagné de son esclave personnel, il va faire l’inspection de la garde.

Celle-ci est postée, sur ordre de Ponce Pilate, devant la tombe de Jésus, à la demande du Saint-Sacrificateur. On craignait que les disciples de Jésus dérobent son corps ! Balivernes, bien évidemment, mais que veux-tu…

 

Quand Alexandre passe le coin de la rue, il se heurte presque à quelqu’un. C’est Marie de Magdala.

Alexandre se souvient d’elle. Avant, elle était l’amoureuse des soldats, mais aujourd’hui, elle est une personne qui suit Jésus. Marie est pressée. Excitée, elle dit : « oh, excuse-moi, centenier. Je ne savais pas que…Ils ont… ».

« Ils ont quoi ?’questionne Alexandre. Les soldats ont-ils voulu lui faire du mal ? Ce ne sont pas des hommes très doux. Non ! Marie vient de vivre quelque-chose d’exceptionnel. Il s’agit de Jésus, le crucifié. IL VIT ! Elle l’a vu elle-même.

Alexandre est comme cloué au sol. Jésus vit ?? Avec un regard interrogateur, il fixe Marie.

Elle n’est pas ivre, tout de même, ou malade ? Non, bien sûr que non.

Joyeusement, elle relate son histoire. Le centenier n’a-t-il pas ressenti le tremblement de terre, une demi-heure avant ? Elle était en chemin avec deux femmes, vers la tombe de Jésus, pour embaumer son corps.

Mais arrivées à la tombe, elles ont vu un ange brillant comme un éclair, sa robe blanche pareille à de la neige.

« Mais où était la garde, alors ?»  demande Alexandre, interloqué.

« Tombés dans les pommes, ou ils ont fui .» dit Marie en riant.

« L’ange disait : « N’aie pas peur. Jésus est ressuscité ! » Et peu après…, (les yeux de Marie brillent !) nous l’avons vu, nous-mêmes !!! »

Alexandre en a assez entendu. Sans saluer, il court au tombeau. Personne en vue. Pas de garde, ni d’ange. La tombe est ouverte.

On peut y entrer librement.

Le centenier s’agenouille près d’un banc où se trouvent des linges. Oh ! Oui, il croit sans avoir vu.

« Pardonne-moi, Jésus, » sanglote-t-il. « Je ne savais pas ce que je faisais ».

 

Désormais Alexandre ne sert plus l’empereur, mais Jésus.