NT17- DE NOUVEAUX ECLATS DE RIRE A JERICHO
Luc 19 Traduction Clémentine Geraerts.
L’autrice Josine de Jong
« Ha Ha Ha ! Hou Hou Hou !
Ha Ha Ha!
Dans la grande maison marchande, près
de la porte de Jéricho, on rit énormément.
Au loin, déjà, cela se fait entendre.
Ça pénètre dans les habitations de la ville.
Même les pauvres mendiants, dans leurs
baraquements, à l’extérieur de la porte, peuvent entendre. Leur regard est
rempli d’amertume. Leurs yeux sont froids comme de la glace, puis leurs lèvres
sévèrement pincées : « Les publicains font la fête une fois de
plus ! Disent-ils fâchés. Avec notre argent ! Les sales copains des
Romains…Ils volent le peuple ».
« Messieurs, Mesdames,
écoutez-moi. Oui ! Puis-je avoir le silence, s’il vous plait? »
Zachée, chef des publicains, un homme
petit et assez gros, avec des yeux marron, très perçants, tape, énervé, avec un
couteau contre sa coupe.
En un rien de temps, le silence règne.
Car, aussi durs et narquois qu’ils puissent être, les publicains, face à leur
chef, ont un profond respect.
Oh, c’est bien le plus malin de tous.
Il arrive à te réprimander avec un air
méprisent. Zachée explique brièvement les nouveaux plans des supérieurs
Romains.
« Désormais, on paiera plus
d’impôts sur la laine, la ferraille et le cuivre. Si jamais vous ne comprenez
pas tout, venez me voir à mon bureau. J’ai des listes toutes faites »,
dit-il, pour finir son discours.
« Chef, comment cela va-t-il se
passer, avec nos propres gains ?» crie Jabes, un grand gaillard pas très intelligent.
Les autres marmonnent quelque chose en
guise d’accord.
« A vous de vous débrouiller, »
leur dit Zachée brièvement. « N’allez pas trop loin, car on pourrait vous
enlever votre patente? »
Quand, tard dans la nuit, la fête se
termine et que les invités rentrent chez eux, pour la plupart ivres mort, il
reste un homme, seul, au fond de la sale.
Or, personne n’est au courant, mais
Zachée en a assez de cette vie de misères. Il constate le chaos.
Est-ce que c’est cette vie qu’il
souhaitait ?
Des taches de vin maculent la nappe,
des restes de nourriture sont écrasés au sol, des noyaux ont été crachés un peu
partout, des coupes à vin sont brisées…
»Mais, à quoi je m’occupe ? »
soupire Zachée, la tête entre les mains.
« Heureux es-tu si tu ne marches
pas selon le conseil de ceux qui ne croient pas en Dieu. Si tu ne t’arrêtes pas
sur le chemin des pêcheurs, et ne te tiens pas en compagnie des
moqueurs… »
Ce sont des paroles des psaumes. Il les
a entendues quand il était encore à l’école. Elles lui reviennent en mémoire
« Oh ! Mon Dieu, »
soupire Zachée.
Comment sortir de cette vie ? Les
gens me détestent, et de plus, ils ont raison… Un chef des voleurs, voilà ce
que je suis ».
En sanglots, il tombe à genoux, ce
petit homme seul.
Quelques instants se passent. Puis, tap, tap, tap,
clac, clac, clac.
Comment se fait-il qu’autant de gens
arrivent en courant hors de la porte ? Une bagarre aurait-elle éclaté,
quelque part, ou une dispute ?
Zachée, dans son bureau, a bien envie
d’en savoir plus.
Il sort, mais se fait bousculer par un
groupe de gars qui crient que Jésus de Nazareth arrive.
« Jésus de Nazareth ? « pense
Zachée.
« Oh ! Mais attends. C’est
l’homme dont on affirme qu’Il est le Messie ! Ce Rabbi qui parle de Dieu
au gens. Ce JESUS POURRAIT PEUT-ETRE… »
Bien résolu, il ferme son bureau et
suit les gens. Ce n’est pas facile quand t’es si petit. Zachée essaie de voir
Jésus, mais à chaque fois, il est gêné par un dos large, ou une écharpe qui
fait office de drapeau.
A l’aide de ses coudes, il pousse les
gens, à gauche, à droite, afin de se frayer un chemin. Il doit voir et verra
Jésus.
« Hé ! Tu ne peux pas faire
attention ? » lui crie, pleine de venin, une
marchande de poisson, maigrichonne et énervée. Elle se retourne. La malle
remplie de poisson se balance sur sa tête.
« Voyez-vous ça, c’est ce chef des
publicains, » se moque-t-elle.
« Monsieur a envie de
passer ! »
Des murmures énervés s’élèvent du
public. Aïe ! Sa chance de voir quelque-chose s’est envolée. Avec sa veste
déchirée, hué par les gens, Zachée retourne vers la ville.
Oh ! Comme il aurait tellement
aimé entendre parler Jésus…
Ce n’était pas très intelligent de sa
part, de passer ainsi parmi la foule. Il aurait dû se faire accompagner par Jabes, ce garde du-corps. Les gens auraient eu du respect
pour lui.
Zachée passe devant un vieux figuier
tordu. Soudain, une idée grandiose lui traverse l’esprit…
Un groupe de personnes, avec Jésus à sa
tête, s’approche de Jéricho.
De partout la foule Le presse.
Certains veulent Le toucher. Les
disciples en ont plein les mains d’écarter les gens du passage.
Jésus s’arrête sous le figuier, puis Il
lève la tête. Derrière des feuilles, bien caché, se trouve… le chef des
publicains, Zachée.
Jésus aperçoit ses yeux pleins de
larmes, et ses lèvres gonflées. Il n’est pas très difficile de deviner ce qui
s’est passé. Zachée venait d’avoir le salaire de son attitude. Mais Jésus
voyait également son désespoir, la soif de Dieu dans ses yeux. Alors, d’une
vois forte, pour que tout le monde puisse l’entendre : « Zachée,
descends de cet arbre ! Aujourd’hui, Je veux être dans ta maison ».
Epoustouflé, Zachée tombe de l’arbre
comme une figue bien mûre.
Jésus, le Messie, dans sa
maison ???
Faut voir tous ces gens épier par les
fenêtres de la maison de Zachée. Curieux, ils se poussent les uns les autres,
puis font des commentaires pleins de mépris.
« Voyez-vous ça ! Rabbi Jésus
se permet d’aller dîner chez ce publicain ! Tss ! ».
Par les fenêtres entrouvertes, on peut
entendre ce qui se dit à l’extérieur.
Quand Zachée sort un moment de la pièce,
les disciples demandent à Jésus ce qu’ils doivent répondre.
« Laissez-les donc parler, »
répond Celui-ci. Ils n’ont toujours pas compris, que Je suis justement venu sur
terre, pour ramener de nouveau, des gens perdus comme Zachée, vers Dieu ».
Et comment Jésus réalise-t-Il
cela ? Avec des réprimandes et des reproches ?
Bien sûr que non ! Ses paroles
sont aimables, Sa voix reste douce. Et c’est justement grâce à cela, que Zachée
comprend ce qui doit changer dans sa vie.
Après le repas, il envoie son serviteur
cherché son coffre-fort, puis le donne à Jésus.
« S’Il te plait, Maître, »
dit-il d’une voix émue, « voici la moitié de mon argent. Tu peux le donner
aux pauvres. Puis je me mettrai aussi en règle avec tout le reste. Si j’ai
truandé quelqu’un, je le rembourserai quatre fois plus ».
De nouveau, on entend des éclats de
rire dans la maison du chef des publicains. Mais quelle différence.
A partir de maintenant, les gens dans
leurs baraquements riront également, et beaucoup de personnes en ville aussi.