NT13      DU PAIN ET DU POISON POUR DES MILLIERS DE GENS

Traduction Clémentine Geraerts. L’autrice Josine de Jong

 

 

‘Ma tante vient, ma tante vient, ma tante …tra la la la la vient.’ chante Nina, la fille d’Anna de Capharnaüm. Au rythme du chant elle traverse en dansant la rue principale en direction de la porte. De loin elle a vu arriver sa tante. Les enfants du quartier l’accompagnent par des cris joyeux.

 

‘Je peu porter le bébé?’ demande-t-elle ravi.

Mais tante Myriam n’est pas aussi joyeuse que d’habitude.

‘Non mon enfant,’ réplique-t-elle, ’le bébé est malade.’

Dommage pour Nina. Elle est folle des enfants. Sa mère vient à la rencontre de sa belle-sœur qui vient de Jordanie. Elles se voient rarement, alors toutes les deux sont heureuse de se revoir.

‘Je viens te demander conseil,‘ dit Myriam. ‘Le bébé est malade. J’ai tout essayé. J’ai même sacrifié ma chaîne d’or à la déesse de la montagne… ‘

« Comment? » crie Anne, ’Cette belle chaîne que t’a héritée de ta mère? Ça ne va pas la tête? Tu sais très bien que tous ces dieux avec leurs visages repeints soient des nuls! Il n y a qu’un seul Dieu. C’est le Dieu d’Israël.’

Myriam se met à pleurer en pleine rue. ’Je donnerai tout ce que je possède, si seulement mon enfant guérisse.’ Gémis-elle désespérée. ’Qui pourra m’aider?’

‘Pas moi,’ répond Anne sèchement, mais… rabbi Jésus le peut. Comme fait exprès Il est dans le coin.’

Décidément elle remet son foulard, prend sa belle-sœur par le bras et lui dit: ’Vient... suis-moi.’

 

Il y a une foule à l’endroit où Jésus se trouve. Les disciples viennent de rentrer d’un long voyage à travers des contrées et des villages. Jésus se rend bien compte qu’ils sont très fatigués. Aussi Il sait très bien qu’ils aient besoin de Lui raconter tout ce qu’ils ont vécu.

‘Venez, on va vers un endroit tranquille,’ dit-Il. Ils embarquent sur le bateau d’André et larguent les amarres. Dommage pour les gens qui restent derrière. Anne et Myriam arrivent trop tard. Déçues elles fixent le bateau qui s’éloigne. Et avec eux beaucoup de personnes font pareil.

Aussitôt qu’on s’aperçoit que Jésus et ses amis ont traversé et qu’ils ont débarqué sur l’autre rive, ils courent le long de la rive. Des enfants sont pris dans les bras et des malades portés.

‘Venez. Ça fait beaucoup de marche mais qu’est ce qu’on pourra faire de mieux?’

 

Anne et Myriam suivent la foule; Nina court devant. Avec ses grandes jambes elle saute de pierre en pierre comme une gazelle. Elle arrive presque la première vers Jésus.

Patiemment Il donne de nouveau de son temps et de son amour aux gens en détresse.

Nina regarde bouche bée.

‘Salut, Simon,’ réplique-t-elle après un certain temps quand elle rencontre un garçon qu’elle connaît.

Simon est un garçon d’environ dix ans, qui s’habite dans la Rue du Poissonnier. Il ne fait nullement attention à elle. Ces mains serrent un petit paquet.

‘Mais, c’est quoi? Là dans ton linge?’ demande Nina curieusement.

‘Ça ne te regarde pas!’ lui dit Simon agressif. ’C’est mon pain et je ne te donnerai rien. Tiens le pour dit! »

‘Pfft!‘ réplique Nina, ‘je n’en voudrai même pas, espèce de radin, va!’

Fâchée elle s’éloigne. Ce garçon est toujours aussi égoïste.

 

Peu de temps après sa mère et sa tante arrivent aussi. Le bébé c’est remis à pleurer, c’est pour cela que les gens s’écartent devant eux. Jésus prend le bébé dans ses bras et berce gentiment l’enfant. Il parle aussi avec Myriam, qui éclate en sanglots. Quand de nouveau elle le tient dans ces bras l’enfant va visiblement mieux. Heureuse elle s’assoit avec le petit dans l’herbe, peu après il se déplace à quatre pattes.

 

Les heures passent. Personne ne pense à retourner à la maison. Pourtant ils devraient retourner chez eux, car dans une heure le soleil se couchera. Nina entre-temps est devenue copine avec Jean, elle l’entend dire au Maître: ’Seigneur, revois tous ces personnes chez eux. Ce lieu est desert et l’heure est déjà avancée. Renvoie la foule. Alors ils peuvent s’acheter des vivres.’

Jésus regarde Jean et les autres disciples et leur dit: ’Donnez-leurs vous-mêmes à manger.’

Cela donne Nina à réfléchir. Du pain pour des milliers de gens? On doit être très riche pour cela. Apparemment Philippe, un autre ami de Jésus, pense la même chose.

‘Mais… plus que deux cent deniers pour acheter du pain, Seigneur?’

‘Combien de pains avez-vous? Allez voir!’ répond Jésus. Jean prend la corbeille vide et fait le tour en questionnant les gens. Les autres disciples font pareille et Nina aussi. Sans grand succès. Plus personne n’a quelque chose à manger. Ou bien si?

André ramène un garçon avec cinq pains et deux poissons. Pas plus. Au grand étonnement de Nina, elle a reconnu Simon, ce grand égoïste! Non mais! À ne pas en croire ses yeux. Sans répliquer il donne sa nourriture à Jésus!!

Nina en perd son Latin d’étonnement.

Jésus est très heureux.

‘Laissez tout le monde s’asseoir en groupe de cinquante et de cent!’ leur dit-il.

Le grondement des voix s’arrête. Que va-t-il se passer?

Jésus irait-il prier pour se peu de nourriture?

‘Père, Tu fais pousser le blé, nous t’en remercions !’ Il rend grâces. Puis il rompe les pains et les donne aux disciples, afin qu’ils les distribuent à la foule.

 

Comment est ce possible? Cinq milles hommes, femmes et enfants mangent de ce peu de nourriture d’un garçon. Jésus rompe et rompe toujours et encore…

Les paniers fondent le tour. Remplis à ras bord.

Nina n’y comprend plus rien.

 

Plus jamais Nina n’oubliera cette journée. Après des années elle en parle encore.

Jésus est vraiment le Messie. Il prend soin de son peuple. Mais le plus grand miracle reste tout de même celui de Simon. Ce radin qui donnait toute sa nourriture.