NT12 LA FIN DE PIERRE. Jean.21

Traduction Clémentine Geraerts. L’autrice Josine de Jong

 

 

 

« Boum ! Boum ! Boum ! Ouvrez, au nom de l’empereur !

Au milieu de la nuit, un énorme vacarme se fait entendre, dans une ruelle calme de Rome. Une troupe de soldats cogne sur une porte en bois. Quelqu’un se ferait il arrêter ? Avec prudence, les voisins les plus curieux, regardent à l’extérieur. Hé oui, ils viennent chercher le vieux Chrétien, celui qui habite ici depuis quelques mois. Que peut bien vouloir l’empereur à ce vieillard ?

Pierre, car c’est bien de lui qu’il s’agit, doit, sur ordre de l’officier, tendre ses mains afin d’être enchaîné. La flamme dansante de la torche illumine le visage irrité de l’homme. Pierre le regarde avec amabilité. Doucement, mais avec fermeté, il lui demande : « Connais-tu Jésus ? « 

« Tais-toi ! » crie l’officier.

« Suis-moi ».

Pierre est obligé de suivre. Quand il n’avance pas assez vite, il ressent la pointe d’une lance dans son dos.

Que vont-ils lui faire. Oh, ces romains ont tellement de façons différentes de faire mourir les chrétiens. Allait-il mourir ? Pierre prie : « Seigneur, si je meurs, que se soit pour Ta gloire… »

« Simon, m’aimes-tu ? »

Hé, comment se fait-il que cette question lui traverse l’esprit ? Sans hésiter, il répond : « Oui Seigneur, Tu sait que je T’aime.. »

Les soldats qui l’entourent ne comprennent rien à ses paroles. Ils pensent que le vieil homme se parle à lui-même. Mais les pensées de Pierre retournent à la mer de Galilée. Comme dans un film, il revoit la scène.

 

Un sourire apparaît sur le visage ridé de Pierre, quand il repense à la quantité de poissons qu’ils ont pêchée. Cent trente cinq gros poissons. A ne pas en croire ses yeux.

Il s’arrête quelques instants, pour reprendre son souffle. A ce moment, la lance se pointe dans son dos. « En avant. Chrétien on se dépêche ! « 

Pierre se remet en route comme il peut. Sur la plage, le repas qui suivait cette fête, il ne l’a jamais oublié. Affamés comme des ours, ils ont attaqué le pain frais et le poisson grillé. Miaaaam…Pierre se souvient de l’odeur qui allait avec. Et aussi de la manière dont il fixait Jésus, sans cesse, de peur qu’Il reparte, comme les autres fois auparavant. Il voulait demander : « Seigneur, Tu vas de nouveau parcourir le pays et guérir les malades. Ton royaume arrive-t-il maintenant ? »

Mais il n’osa pas.

Imagine-toi que le Seigneur réponde : « Bien-sûr que oui, mais toi, tu n’en feras plus partie. Tu as affirmé, par trois fois, que tu ne me connaissais pas. » Jésus a dû s’apercevoir de son inquiétude, car après le repas, Il lui dit : ‘Simon, Fils de Jean, m’aimes-tu plus que les autres ? »

« Ouiiiii, Seigneur, » bégaya-t-il, « Tu le sais… »

« Fais paître Mes agneau » !

Etrange, toute de même, qu’il n’ait pas compris tout de suite que le Seigneur lui donnait une nouvelle tâche. Il avait pour le mieux, à prendre soin des enfants. Mais au lieu de se réjouir, il devint triste. A nouveau, Jésus lui demanda : « M’aimes-tu, vraiment, Simon ? »

Puis une troisième fois. Très peiné, Pierre pensa : « Tu vois bien que Jésus n’a plus confiance en toi… »

Les mains tendues en signe de découragement, il s’écrie : « Seigneur, Tu sais tout. Tu sais que je T’aime ».

« Prends soin de mes agneaux » reprend Jésus. Finalement, Pierre comprend ce que Jésus attend de lui : Il lui a pardonné, et lui confie une nouvelle mission !

Une larme coula sur la joue jusque dans sa barbe, mais à travers ses larmes Pierre rit de nouveau. Heureux ! Tout s’était arrangé.

Et à ce moment précis, bien des années plus tard, le vieux disciple prisonnier se souvient de ce que Jésus avait dit encore :

« Maintenant, tu es encore  libre de faire et ne pas faire ce que tu désires, Simon. Mais quand tu seras vieux, tu tendras les mains. Ils t’enchaîneront et t’amèneront où tu ne voudras pas aller. »

Après cela, Jésus se leva et dit : « Suis-Moi !» 

 

« Hé vieillard, par ici ! » crie un soldat.

Pierre revient à la réalité. Dans la pénombre du matin, il discerne les contours de la prison. Ce que Jésus avait prédit vient d’arriver. Partout Pierre a eu l’occasion de raconter la bonne nouvelle. Pierre, le pêcheur de poissons, était vraiment un pêcheur d’hommes.

Qu’il aurait aimé revoir son ami Jean, ou un autre de ses amis. Mais non, ce chemin, il devrait le parcourir seul.

Dans un grincement énorme, la porte de la prison s’ouvre. Avec un grand sourire, Pierre salue ses gardes. Quelques jours plus tard, il rejoint son Seigneur.

Pierre L’a aimé, jusqu’à la fin.