NT08 Pierre le sait (Mat. 16)

Traduction Clémentine Geraerts. Autrice Josine de Jong, 

 

Flic!...Flac!...Flic!...Flac!......

Des gouttelettes d’eau tombent du Mont Hermon enneigé. Quand les gouttes se réunissent, elles forment une petite cascade qui se jette dans un courant d’eau.

Rapidement, l’eau poursuit son chemin à travers la vallée, vers le sud. Le courant d’eau, c’est le début du Jourdain , la rivière dessine un serpent.

Là, au pied du Mont Hermon, la terre est si belle. On pourrait se croire au Paradis. Même en hiver, les narcisses et les cyclamens y poussent. Les lupins sauvages déposent une couverture bleuâtre sur les collines. Dans ce paradis, marchent Jésus et ses amis.

  

« Regarde là-bas !’ dit Pierre à Philippe, en montrant du doigt. Là se trouve Césarée, le lieu où l’on va. Viens ici, tu verras mieux.

Son frère André regarde dans la même direction. Maintenant, il voit aussi la ville.

«  Quel est ce bâtiment blanc qui domine les autres ? » demande- t- il.

Pierre ne sait pas non plus. Ensemble, ils interrogent Nathaniel qui a de la famille dans la région. 

«  C’est un temple bâti en l’honneur de l’empereur. On y adore une sorte de dieu des bois, avec des pattes de bouc et une queue.

‘Des gens croient que ce dieu protège le Jourdain,’ répond Nathaniel.

‘Ce sont des bêtises, bien sûr! »  Pierre est en colère, remonté, comme d’habitude. Que ces gens sont bêtes !

« Simon, calme-toi, mon gars,’ lui dit son frère. ‘Les gens sont encore dans les ténèbres. C’est pour cela que nous allons vers eux, non ? »

Pierre marmonne : « Ecoute, c’est Israël,  aussi cette région ! Ils devraient le savoir. Et puis, une pierre ne peut pas protéger une rivière ! »

Il se retourne et regarde autour de lui. Où est passé Jésus, aurait-il grimpé le chemin ? ‘Vite,’ Pierre part à sa recherche.

«  Jésus ! Jésus ! »

Voilà le Seigneur, tranquille, assis, en prière, sur un rocher ; ça se voit à son foulard de prières posé sur sa tête. Les hommes juifs prient toujours de cette façon. Les autres disciples grimpent vers eux. Respectueux, ils attendent que le Seigneur finisse de prier et les regarde.

« Amis,’ dit Jésus en laissant glisser son foulard sur ses épaules, ‘venez vous asseoir près de moi. Je dois vous dire quelque chose très importante.»

Chacun cherche une place où se poser. Vite, Pierre s’ assied près de Jésus. Le Seigneur les regarde un par un. Ce qu’Il va leur dire est difficile à comprendre. C’est pour cette raison qu’Il commence par une question.

« Qui, les gens disent-ils que Je suis ?» 

Les disciples ne mettent pas beaucoup de temps à répondre, car ils ont souvent entendu les gens parler de Jésus.

« Ils croient que tu es une force surnaturelle, un prophète, » dit Jacques.   

«  Oui, parfois ils pensent que même que tu es Jean le Baptiste ressuscité! »  s’écrie Judas. Jésus secoue la tête. Il sait bien ce que les gens pensent de Lui. Il a posé la question afin de faire réfléchir ses disciples. Alors, Il pose finalement la question qui était prévue : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ?» 

Un court instant de silence. Puis, pierre bondit. Il sait. Il se dresse au milieu du groupe. Le dos un peu courbé, les mains tendues vers Jésus, les yeux pétillants, il crie :       

«  Seigneur, Tu es... Le Christ de Dieu ! »

Il se retourne vers les autres pour savoir s’ils sont d’accord. Tous font signe que oui, avec la tête. Oui, Jésus est Le Messie.

Quel moment inoubliable ! C’est comme s’ils partageaient un grand secret avec Jésus.

«  Ne le dites à personne !’ dit Jésus, ‘Promettez-le ! Je suis effectivement le Messie. Mais les conducteurs du peuple ne le croient. Ils me captureront et me tueront. Ne soyez pas tristes. Après trois jours, Je ressusciterai…!» 

                     

C’était la première fois que Jésus parlait de la raison de Sa venue : qu’Il devait mourir pour le péché des gens.

Les disciples écoutaient silencieusement leur Ami. Certains avaient des larmes dans les yeux.

 

L’air est chaud, et rempli de l’odeur douce des fleurs. Toutes sortes de chants d’oiseaux se font entendre. La terre ressemble au Paradis. Mais ce n’est pas aussi paisible que ça en a l’air. Là-bas, près du Mont Hermon, des gens attendent quelqu’un qui les aidera. Des malades, des personnes seules, mais surtout des gens qui veulent entendre l’Evangile, attendant Le Messie.

                       

Un peu plus tard, le groupe se remet en chemin. Pierre marche à côté du ruisseau. Dans quelques heures, l’eau passera près de sa maison, sa famille, son bateau. Il n’a aucun regret d’être devenu pêcheur d’hommes. Il réfléchit aux paroles de Jésus.

Si  le Seigneur lui-même, est prêt à donner sa vie pour sauver les gens, alors lui, Pierre veut aussi s’engager complètement. En sifflant, il poursuit son chemin au-dessus des pierres et des trous, sur la route, vers la source du Jourdain.